01.07.2026

“Les Baigneuses” d’Émile-René Ménard enrichit la collection du MHAB

Quoi de neuf au MHAB ? Une sanguine de 42,5 x 57,5 cm, réalisée entre 1910 et 1921 par Émile-René Ménard, vient de rejoindre la collection du Musée. Cette acquisition vient enrichir le fonds du MHAB en tant que collection « Musée de France ». Sur celle-ci, les collines de Bormes baignées d’une lumière crépusculaire, la silhouette du cap Bénat à l’horizon et, au premier plan, les trois grâces et, au second plan d’autres figures emblématiques de la mythologie. L’artiste a choisi ces symboles de beauté, de joie et de générosité pour raconter Bormes. Il invite à une plongée dans la culture antique, à une rencontre inattendue entre la rade varoise et la mythologie grecque.

Qui était Émile-René Ménard, artiste épris de Bormes ?

Marie Auguste Émile René Ménard, dit Émile-René Ménard, est né le 15 avril 1862 à Paris. Dès son enfance, il baigne dans le milieu artistique grâce à des artistes comme Corot, Millet ou encore les peintres de l’École de Barbizon, qui fréquentent sa famille. Cela va le familiariser avec la nature, le paysage ainsi que les sujets antiques. Émile-René Ménard, peintre symboliste français, est connu pour ses paysages symbolistes et crépusculaires.  Il découvre Bormes les Mimosas en 1909, il y vient à de nombreuses reprises jusqu’en 1926, attiré par son large panorama sur la rade et sa végétation luxuriante, source d’inspiration inépuisable. Dès 1921, l’artiste séjourne au château de Léoube, propriété de son beau-frère. Bormes devient alors son ancrage varois.

L’œuvre de Ménard à Bormes

Dans ses œuvres, Émile-René Ménard ne cherche pas à peindre Bormes tel qu’il est. Il exprime plutôt un idéal. Passionné de littérature et de mythologie, Émile-René Ménard projette sur les paysages préservés du Var sa vision d’un âge d’or, celui d’un paradis originel où l’homme vivrait en totale harmonie avec la nature. Dans Les baigneuses, un centaure se mêle aux figures féminines d’un monde antique révolu.

La touche fondue, la palette douce et mélancolique caractérisent le style d’Émile-René Ménard et donnent à ces scènes une atmosphère de songe suspendu. Son travail s’inscrit dans l’esthétique symboliste, mouvement né vers 1880 et qui accorde la primauté au rêve, au mystère, à l’imagination. Aujourd’hui peu connu du grand public, Ménard bénéficiait de son vivant d’une reconnaissance considérable. L’État lui confia des décors de lieux officiels. Plusieurs de ses œuvres sont conservées dans de prestigieuses collections, notamment celles du musée de Toulon, du musée d’Orsay et du Petit Palais à Paris et l’une d’entre elles est désormais visible au MHAB !

206ème œuvre de la Collection Musée de France du MHAB

Cette sanguine est la première œuvre d’Émile-René Ménard à intégrer les collections du MHAB, un choix comme une évidence, puisque l’artiste a consacré plusieurs de ses œuvres aux paysages borméens. Les Baigneuses devient la 206e pièce du fonds musée de France. C’est la deuxième acquisition réalisée en vente publique depuis la réouverture du musée en 2022, après la toile de Jean Peské, Châtaignier dans un paysage, acquise cette année-là.

Pour la présenter au public sans attendre, le MHAB lui a fait une place toute particulière, dans son exposition centenaire, « Bormes couleurs d’un siècle », aux côtés d’une autre œuvre de l’artiste, une huile sur toile prêtée par le musée de Toulon pour cette exposition inédite.

Dans les coulisses d’une acquisition

Comment une œuvre intègre-t-elle les collections d’un musée labellisé Musée de France ?

Laury Mourosque, directrice du MHAB, en charge de la conservation raconte les étapes de cette acquisition : “ C’est un de nos jeunes en service civique qui a repéré la vente organisée par Millon à Paris. Sans sa vigilance, l’œuvre nous aurait échappé. À partir de là, acquérir une œuvre ne doit rien au hasard. Il faut suivre les procédures propres aux Musées de France : note d’opportunité, validation par la DRAC, accord du Service des musées de France. C’est cela qui garantit la cohérence scientifique d’une collection. ”“ Ménard était un absent de nos collections alors que Bormes est très présent dans son travail. Ses œuvres représentant notre village sont visibles au musée d’Orsay, au Petit Palais et ne l’était pas ici, là même où il aimait peindre. Avec Les Baigneuses, le MHAB accueille en ses murs cet artiste et offre au public l’opportunité de le découvrir. Pour faire cette acquisition, le MHAB a bénéficié du soutien d’une entreprise locale : le Groupe Piersanti. Avoir des mécènes, pour un musée de notre échelle, est absolument décisif. Sans mécénat nous n’aurions pas pu saisir cette opportunité.”