02.09.2026

Notre-Dame de Constance sous l’Occupation

Les souterrains de Notre-Dame de Constance : sur les traces de l’histoire avec Jean-Louis Vial

Le 13 août dernier, Jean-Louis Vial, passionné d’histoire locale et membre de l’association Mémoire Bormes 1944, animait au musée une conférence consacrée à l’histoire des souterrains de Notre-Dame de Constance.

Un rendez-vous autour du débarquement de Provence et de l’utilisation de ces souterrains, aujourd’hui accessibles au public lors de visites guidées proposées par Jean-Louis.

À la suite de cette conférence, nous avons souhaité en apprendre davantage sur son parcours, ses recherches et cette histoire qui se cache encore sous la colline de Constance.

Une passion pour l’histoire et le patrimoine borméen

Qu’est-ce qui a guidé ta passion pour le patrimoine borméen et ce désir de fouiller son passé ?

« L’Histoire m’a toujours passionné, et le débarquement de Provence en particulier, un épisode trop souvent resté dans l’ombre de celui de Normandie, pourtant tout aussi décisif.

En arrivant à Bormes, après avoir rencontré puis épousé une Borméenne, j’ai tout de suite senti que ce village avait une histoire à raconter, et l’envie d’en apprendre plus ne m’a plus quitté. »

Collectionneur et passionné d’histoire depuis plus de 25 ans, Jean-Louis intervient également depuis près de 15 ans dans les collèges du Var pour parler du débarquement de Provence et présenter aux élèves des objets d’époque.

Peux-tu nous parler de ton parcours et de ce qui t’a mené à te lancer dans l’association Mémoire Bormes 1944 ?

« Ce travail de transmission m’a naturellement rapproché de l’association Mémoire Bormes 1944, dont le devoir de mémoire est la raison d’être. Il y a environ trois ans, cette rencontre a donné naissance au musée itinérant : une remorque de commandement américaine restaurée, qui nous permet d’aller à la rencontre des écoles, des collèges et du public directement sur le terrain. »

Sur les traces des souterrains de Constance

L’intérêt de Jean-Louis pour les souterrains de Notre-Dame de Constance trouve notamment son origine dans les souvenirs de son beau-père, Georges Bonnabel.

Comment en es-tu arrivé à la chapelle de Notre-Dame de Constance et à la découverte de ses souterrains ?

« Mon beau-père, Georges Bonnabel, évoquait souvent ses souvenirs d’enfance, lorsqu’il jouait dans les tunnels de l’Occupation à Constance. Il m’a montré où ils se trouvaient, et je n’ai eu de cesse, depuis, d’enquêter sur ce sujet. »

Une enquête menée en croisant plusieurs sources : archives, témoignages oraux et observations réalisées directement sur le terrain.

Comment as-tu mené cette enquête historique ?

« Les trois, et c’est justement leur recoupement qui a permis de reconstituer l’histoire du site.

Côté archives : les Archives départementales du Var, des documents américains — les cartes de l’opération Anvil-Dragoon —, un plan original de l’organisation Todt, ainsi que les archives du Bureau historique de l’état-major de l’armée de terre italienne à Rome, avec notamment le témoignage d’Elio Oridi.

Côté témoignages oraux : des anciens du village, notamment Robert Chiazzo, dont le témoignage a été essentiel.

Et côté terrain : de nombreuses heures passées sur la colline elle-même, à relever, photographier et confronter chaque vestige à ce que disaient les archives. »

Une découverte marquante : le plan de « BOR 048 »

Parmi les documents retrouvés au cours de ses investigations, l’un d’entre eux a particulièrement marqué Jean-Louis : le plan original du poste de commandement allemand « BOR 048 » du site de Constance.

Y a-t-il une anecdote, un document ou une découverte en particulier qui t’a le plus surpris au cours de tes investigations ?

« Le moment le plus marquant reste sans doute la découverte du plan original du poste de commandement allemand “BOR 048” du site de Constance.

Voir ce plan technique, dessiné à la main en juillet 1944, quelques semaines seulement avant le débarquement de Provence, correspondre pièce par pièce à ce que je retrouvais physiquement sur le terrain, plus de 80 ans plus tard, a été un moment assez vertigineux. »

À travers sa conférence et ses recherches, Jean-Louis souhaite avant tout transmettre au public l’histoire de ce patrimoine.

À la suite de la conférence que tu as donnée au musée de Bormes, quel est le message ou l’émotion essentielle que tu aimerais que le public retienne ?

« Que l’Histoire, la grande, celle des livres, s’est aussi jouée ici, sous nos pas, sur une colline que beaucoup traversent aujourd’hui sans le savoir. Et que ce patrimoine, aussi discret soit-il, mérite d’être transmis aux générations futures avant qu’il ne disparaisse. »

Lorsqu’on lui demande de résumer les souterrains de Constance et leurs secrets en trois mots, sa réponse tient en une formule :

« Camouflage, ingéniosité, mémoire. »

Découvrir les souterrains sur le terrain

L’histoire de Constance peut également se découvrir directement sur les lieux. Jean-Louis propose une visite guidée sous la forme d’une randonnée sur la colline.

Peux-tu nous parler en quelques mots de la visite guidée que tu proposes de ces mystérieux souterrains ?

« C’est une randonnée sur la colline de Constance, à la découverte des vestiges de l’Occupation : postes d’observation, positions de mortiers italiens, souterrains et poste de commandement allemand inachevé.

Je raconte l’histoire du site pas à pas, directement sur les lieux où elle s’est déroulée, avec les photos et documents d’archives à l’appui.

Même ceux qui pensent connaître le site en repartent surpris ! »

Jeff Habourdin Photographe

Vous avez manqué la conférence, mais l’histoire de ces souterrains vous intéresse ?

Partez à leur découverte aux côtés de Jean-Louis lors d’une visite guidée en immersion à Notre-Dame de Constance ! Réservez votre prochain créneau auprès de l’Office de tourisme de Bormes les Mimosas.