30.04.2026

Les pierres des murs de Bormes ont bien des choses à raconter

Le 7 mai, le Musée d’Histoire et d’Art de Bormes les Mimosas invite Pierre-Yves Delcourt, urbaniste et historien amateur, pour sa conférence “Le murmure des vieux murs”. Une occasion unique pour découvrir quelques secrets que les pierres du village lui ont révélés.

Une voie romaine dont le village ne garde aucune trace. Des maisons du XIXe siècle en lieu et place du village médiéval. Des villas des années 60 à l’intérieur des anciens remparts… Urbaniste montréalais, Pierre-Yves Delcourt est tombé amoureux de Bormes au premier regard. Il a alors décidé d’en percer les mystères. A force d’en observer chaque recoin, chaque pierre, il s’est forgé une conviction “ les pierres ont bien des choses à raconter ”. Invité par le MHAB le 7 mai à 18h30, il va lever le voile sur quelques-unes de ses découvertes. Rencontre avec un passionné…

Canada à La Suisse, en passant par Paris

Né à Montréal, vous vous installez à Paris pour étudier l’urbanisme, dans ce pays que vos ancêtres avaient quitté au XVIIe siècle. Que pouvez-vous nous dire de votre trajectoire ?

L’histoire des lieux m’a toujours intrigué. À Montréal, je me suis intéressé très tôt à l’histoire du Vieux-Montréal, ancienne bourgade française fondée en 1642. À Paris, je me suis passionné pour les places et les vieux bâtiments. Après mes études, j’ai vécu à Châlons-en-Champagne, rue de la Petite Juiverie, puis à Besançon, sur la Grande Rue. Tous ces lieux, chargés d’histoire, ont nourri mon regard et attisé mon goût pour le patrimoine.

Aujourd’hui, je vis en Suisse, au-dessus de vignes en terrasses classées au patrimoine mondial UNESCO. Je suis responsable de l’aménagement d’une intercommunalité et continue aujourd’hui encore à me passionner pour ce qui fait sens entre histoire et territoire.

Véritable coup de foudre pour cet authentique village provençal

Comment avez-vous découvert Bormes et pourquoi cet intérêt ?

Lorsque j’ai visité Bormes les Mimosas pour la première fois, j’ai été immédiatement séduit, il a le charme des vieux villages provençaux. Mais ce qui m’a le plus interpellé, c’est que ce vieux village était bien vivant et ses habitants issus de plusieurs générations borméennes. Ça a été un vrai coup de foudre. Mais quelque chose a interpellé mon regard d’urbaniste : On parlait d’une voie romaine, alors que le village ne montrait aucun signe de romanisation. On parlait de village médiéval, alors que la plupart des maisons semblent dater du XIXe et XXe siècle. Du côté du boulevard des Amandiers, on trouve des villas bâties dans les années 1960, à l’intérieur même des anciens remparts ! Les pistes étaient brouillées, j’ai eu envie de comprendre Bormes avant les Mimosas

Une enquête minutieuse

En quoi ont consisté vos recherches, comment avez-vous procédé ?

Cela commence toujours par l’observation d’un détail : un mur aux contreforts inattendus, un ancien puits situé en dehors des remparts, une ancienne porte du village perchée à deux mètres au-dessus de la rue Carnot, celle du Musée justement. Chaque observation invite une seule question : Pourquoi ? J’émets alors des hypothèses, je mobilise les sources historiques, j’observe les anciens plans et les vieilles photos. C’est ainsi qu’apparaissent les réponses plausibles. Pour écrire mon livre, “ Bormes avant les Mimosas ”, j’ai consulté les archives municipales et départementales, à Draguignan. Les cartes postales anciennes, examinées à la loupe, nous livrent de multiples informations. J’ai aussi eu la chance de rencontrer des Borméens qui m’ont ouvert la porte de leurs souvenirs, sur le siècle passé. Ce sont eux qui m’ont le plus ému. ”

Au programme le 7 mai

Que révèlerez vous lors de la conférence “ Le murmure des vieux murs ” ?

“ Sans trop spoiler son contenu, sachez que nous allons interroger des documents, des œuvres présentes au musée. Les tableaux sont riches de nombreux détails, celui de l’affiche de l’exposition par exemple, ou encore les cartes postales anciennes. Avec quelques repères historiques, nous remonterons le temps, jusqu’au haut Moyen Âge. Je présenterai également des images inédites, construites sur des bases historiques solides. Ce sera une première ! Je pense que certaines découvertes vont surprendre…

Cette conférence est une occasion unique de s’interroger sur le Bormes d’autrefois. Pierre-Yves Delcourt conclut : “ La ville telle qu’on la voit aujourd’hui est bien différente de celle d’hier. Comprendre ce qui a disparu nous permet d’aimer davantage ce qui reste. ” Si les murs ont des oreilles, Pierre-Yves Delcourt, lui, a appris à écouter les pierres. Rendez-vous le 7 mai, au MHAB, pour découvrir ce qu’elles lui ont révélé.